1 – Rôle du Community Manager : porte-parole de la marque, interlocuteur privilégié des clients ou super analyste ?

Le rôle de Community Manager est aujourd’hui un de ces métiers très flou pour les entreprises et les descriptifs de postes et autres offres d’emploi, qu’ils soient écrit par ceux qui tiennent eux-mêmes le rôle de community managers dans les entreprises ou même par les entités publiques. Les descriptifs de cet emploi en ligne vont du « modérateur de réseaux », du « responsable de la stratégie de contenu », du « responsable des communautés » jusqu’au « planneur stratégique spécialisé médias sociaux » en passant par « chef de projet média ». Ce community manager est donc un personnage « trouble », qui pourrait tour à tour être porte-parole de la marque, interlocuteur privilégié des clients, garant de l’image de marque de l’entreprise sur Internet ou super stratège de l’activité web d’une société. Pourtant, lorsque l’on regarde de plus prêt toutes les informations disponibles sur le web concernant cet emploi, un point commun se dégage du métier de community manager. Celui de l’adaptation du poste en fonction des besoins de l’entreprise et du projet mis en place. Mais l’élément manquant est une définition claire de son périmètre d’activité et des outils pour lui permettre d’agir en toute tranquillité, lui évitant de devenir la cible de toutes les attentes et le représentant involontaire, inapproprié et non formé de la communication de la marque.

Redéfinir le rôle et les compétences du community manager

Ce qui fait la spécificité du rôle de Community Manager actuellement est que c’est un rouage du réseaux l’entreprise qui n’a pas d’autre utilité que de s’occuper d’un canal d’échanges avec les consommateur, qui lui-même n’a pas d’objectif clairement défini. Toutefois il reste important car c’est bien le commuity manager qui est responsable de représenter la marque auprès des clients et des prospects. Un maillon majeur de fait, de part sa visibilité et son action auprès de la ressource la plus importante de l’entreprise. Et il est même crucial pour l’entreprise puisque c’est lui qui est le premier confronté à des pressions venant de clients/ bloggeurs/ journalistes. S’il ne dispose pas d’outils de gestion adaptés, il est possible qu’il « glisse » en prenant la parole dans un média, dépassant son champs de compétences en venant grignoter sur d’autres métiers. Ce que vous ne pourrez pas véritablement lui reprocher, étant donné qu’aucun périmètre d’activité n’a été défini autour de son métier.

Il est donc nécessaire de repositionner l’emploi de Community Manager dans un rôle spécifique et pertinent pour l’entreprise : celui d’interface d’informations entre la marque et la réalité des réseaux sociaux du web, entre l’entreprise et le média, ainsi que celui de chef de projet. Chef de projet d’une action menée par la marque, ce qui implique un objectif défini, un process de gestion du projet validé et cadré, mais surtout remet la marque face aux consommateurs, face aux internautes tout en délestant le Community Manager, ou l’équipe représentant la marque sur Internet, de la charge d’interlocuteur décideur. La marque reprend alors son rôle de décideur et protège les collaborateurs de l’entreprise en le donnant un cadre dans lequel ils peuvent agir ainsi qu’une ligne à ne pas franchir.

Assister les équipes de Community Management lors de leur nécessaire présence sur le web

Cette ligne à ne pas franchir et le périmètre d’action du Community Manager ou de l’équipe de Community Management seront les guides métiers pour que les collaborateurs en charge d’une communauté social puissent atteindre des objectifs clairs et éviter des erreurs qui pourraient détériorer rapidement et durablement l’image de marque de l’entreprise et sa communication. Les procédures de gestion des conversations entre représentants de la marque et consommateurs et internautes ne sont pas différents de ceux que l’on peut avoir via les centres d’appels, mais adaptés au contenu web et ses spécificités. Comme le fait que les informations, mêmes indiquées comme privées et non partageables peuvent être partagées via les réseaux sociaux, et que tout ce qui est écrit est référencé par les moteurs de recherche.

Selon le stade de présence web atteint par la marque et surtout selon ses objectifs business, le Community Manager aura des objectifs uniques, liés aux besoins et enjeux de l’entreprise. Du rôle de créateur de présence, de contenu et de légitimité auprès d’une niche sociale spécifique jusqu’à celui de pourvoyeur d’informations pertinente pour le département innovation ou le service clients, l’équipe en charge de gérer la communauté d’internautes, voir les communautés, devra suivre un fil rouge qui est l’objectif qui lui est assigné par une des directions de l’entreprise. Tout d’abord pour que cette communauté puisse être un levier utile et utilisable pour l’entreprise, par exemple à travers les réseaux sociaux, et ensuite pour que le Community Manager ou l’équipe en charge puisse sereinement mettre en place et gérer leurs actions et calibrer leur reporting, que cela soit sur ou hors des plateformes de la marque. Le community manager pourra aussi s’occuper de la formation marketing et communication inhérente à la marque auprès des nouveaux effectifs.

Définir un objectif clair pour le Community Manager et les équipes en charge

Encore une fois, sans objectif il n’y a aucune raison d’être sur les médias sociaux et dans la communication en général, ni même de chercher à monter des communautés. Et de fait, aucune raison d’avoir un Community Manager ou une équipe de Community Management. Mais si vous avez défini un objectif clair, il faudra mettre en face de cet objectif des profils professionnels adaptés à la situation et aux besoins, l’expertise nécessaire à la création d’une présence online auprès d’une communauté de réseaux sociaux déjà existante étant différente de celle utile pour générer des remontées clients sur des thématiques pré-définies au sein d’une communauté de 200 000 personnes. Ce qui implique qu’il ne faut pas se tromper, ni dans la sélection des candidats en fonction certes de leur connaissance des blogs et des médias sociaux mais surtout selon leur expérience du secteur d’activité de votre entreprise, ni dans le choix des outils qui devront permettre le suivi d’activité et le la prise de décision.

Dans la plupart des cas, le Community Manager est celui part qui transite des informations provenant des clients ou prospects, et qui est en charge de mettre en place une interface de gestion des relations avec une cible par un canal web spécifique. Les objectifs et les besoins de l’entreprise sur le web seront les indicateurs permettant de spécifier le rôle utile pour la marque et donner de la consistance à un rouage de l’entreprise encore trop souvent mésestimé et sous valorisé. Car c’est le connecteur entre la marque et les clients sur le web et porteur de l’image de l’entreprise, tout comme l’est le service client.

2 – Salaire, études & possibilités de carrière du community manager


Le community manager est chargé d’élaborer une stratégie de communication sur les médias sociaux correspondante aux objectifs et attentes d’une entreprise. Ainsi le métier de community manager a pour objectif de définir une audience cible, de sélectionner les médias les plus pertinents et de définir une ligne éditoriale efficace pour la sensibiliser. Il peut également avoir pour mission de créer du contenu digital, de s’occuper de l’aspect social en parlant à sa communauté cible à travers notamment les réseaux sociaux ou animer des ateliers ou des éventements virtuels. Si c’est un métier qui vous fait de l’œil et dans lequel vous aimeriez faire carrière, vous devez certainement vous demander quel est le salaire, la rémunération, que vous pouvez espérer dans cet emploi, les compétences à posséder ainsi que les évolutions possibles que vous pourriez envisager…

Le salaire d’un community manager

Le salaire d’un community manager peut varier en fonction de l’entreprise pour laquelle vous travaillez mais aussi de votre expérience, de votre formation, de votre statut ou encore de la ville de France dans laquelle vous exercez (les salaires des community managers sont en générales plus haut à Paris).

L’influence de l’expérience sur le salaire du community manager

Un community manager qui débute en entreprise et qui n’a aucune expérience passée (en dehors d’un stage pré-bac), ni dans les métiers du marketing et de la communication, ni dans les métiers du web et du digital, et qui n’a qu’une formation marketing post bac (formations et études marketing et communication en bac+3 par exemple), devrait toucher entre 1600 € et 2000 euros brut (soit environ 1250 euros à 1600 euros net par mois). En revanche un community manager ayant de nombreuses années professionnelles derrière lui ainsi que de solides formations et études effectuées au cours de ces années, devrait plutôt toucher plus de 2500 euros brut par mois en fin de carrière. Le salaire moyen d’un community manager au cours de sa carrière est donc celui d’un cadre moyen.

L’influence du statut sur le salaire du community manager

Si vous choisissez de travailler en poste CDI pour une entreprise, vous aurez un salaire fixe mensuel pour des horaires à respecter. En revanche, si vous faites le choix d’avoir un poste freelance, alors votre salaire peut varier en fonction de plusieurs facteurs : le nombre de clients que vous avez, le nombre d’offres auxquelles vous répondez, votre expérience et vos compétences (vous devrez adapter vos tarifs en fonction de celle-ci)… Aussi, cela dépendra du mode de paiement que vous aurez sélectionné (forfait mensuel, forfait à la journée…). Il faudra également compter le montant de vos charges qui peuvent différer suivant votre statut d’entreprise (autoentrepreneur, SARL…). En moyenne, on estime le salaire moyen d’un community manager freelance à 200 euros voire 300 euros brut par journée de travail. Mais cela peut monter bien plus haut si c’est une personne très expérimentée et douée.

L’influence de l’entreprise sur le salaire du community manager

Chaque entreprise peut proposer des salaires différents à ses community managers. C’est pour cela que c’est très variable. Les grandes entreprises pourront vous payer davantage que les petites qui surveillent de plus près chaque dépense.

La situation géographique : Dans les grandes métropoles en France, comme Paris, Lyon et Marseille, il est connu que les salaires sont plus élevés qu’en zone rurale puisqu’ils sont proportionnels au coût de la vie. De même, si vous choisissez de partir vivre à l’étranger et faire du off-shore, en fonction du pays, les salaires différeront forcément beaucoup. Votre adresse impacte donc souvent la rémunération du community manager.

Quelles sont les diplômes nécessaires pour devenir community manager ?

Les diplômes dédiés au métier de community manager sont encore rares. Après le bac, il est recommandé d’être diplomé avec une formation en marketing digital, communication, ou commerce. Certains BTS et DUT sortent du lot comme le BTS NDRC, le BTS MCO ou le DUT MMI (Métiers du Multimédia et de l’Internet). L’objectif est surtout d’avoir un bon diplôme bac +3 qui vous facilitera votre entrée en entreprise. L’alternance est à recommander pour se former au métier de community manager car, sur le web, la meilleure des formations est la pratique professionnelle. N’hésitez pas à vous lancer dans quelques missions bénévoles pour vous faire la main.

Les possibilités d‘évolution de carrière d’un community manager

Il est évident que lorsque l’on se lance dans un secteur d’activité, surtout dans les métiers du web, on espère atteindre un plus haut statut et une rémunération plus élevée au cours de notre carrière. Heureusement, c’est quelque chose qui existe pour le community manager. En effet, avec l’expérience acquise dans le monde de la communication, du web et du digital, de nombreuses portes d’emploi s’ouvrent à lui. Par exemple, il peut évoluer petit a petit vers de la création de contenus type design, ou bien se diriger vers le poste de stratégiste (celui qui manage l’équipe des community managers), ou responsable de communication digitale, voir bifurquer vers un poste de data scientist ou de Key Account Manager.

En fait, dans le monde de la communication, les possibilités de spécialisations sont larges et variées, et quiconque viendrait à s’ennuyer à son poste de community manager trouvera certainement de quoi s’amuser davantage ailleurs ou de toucher des sommes beaucoup plus conséquentes.

Source : R. Pechard Weqli

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *